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Syndrome prémenstruel (SPM) : et si on en parlait?

SPM

En toute honnêteté, je voulais d’abord traiter le sujet du syndrome prémenstruel (SPM) avec beaucoup d’humour. J’ai essayé… mais ce sujet me touche beaucoup trop pour en parler avec légèreté. Ensuite j’ai essayé de le rendre plus « construit », en apportant des explications scientifiques, médicales et des sources. Mais je crois que j’avais simplement besoin d’écrire comme si je parlais à une amie.

Ce sujet reste tabou ou alors il n’est pas vraiment pris au sérieux. C’est un réel problème chez plus de 70% des femmes en France. Le SPM touche trop de femmes pour ne pas en parler. Je ne vous apporte pas la solution miracle mais simplement un petit bout de ma vie pour vous aider à relativiser, savoir que vous n’êtes pas un cas isolé et que ce n’est absolument pas une fatalité. Le but de cet article et uniquement de pouvoir en parler, posément, sans tabous et sans jugement.

Un SPM sévère et invalidant

Comme toujours, à moi les ballonnements et crampes au ventre, les migraines et les nausées. Ces douleurs peuvent me clouer toute une journée au lit, dans la plus profonde abîme psychologique.

Je ne vous parle pas des simples « règles douloureuses », celles qui , après avoir avalé un doliprane ou un antadys vous laissent mener votre vie tranquille. Je vous parle des règles DOULOUREUSES! Celles qui m’empêchent d’aller au boulot ou à l’école, de me lever de mon lit et de me tenir debout. Celles qui me font pleurer sans aucune raison évidente, au point qu’on me prenne pour une folle. Associable et tellement désagréable, ces règles me rendent invivable (la rime n’était pas du tout volontaire!)

Je fais partie de ces femmes qui doivent appuyer sur le bouton pause durant deux jours complets, à chaque début de cycle. C’est comme ça depuis la puberté. Depuis mes 11 ans, j’accueille le SPM comme si on m’annonçait chaque mois que l’apocalypse arrivait. Je souffre d’un SPM sévère et invalidant. Je n’ai pas seulement mal durant mes règles mais également la semaine qui les précède. Jusqu’à mes 20 ans je n’ai pas cherché plus loin que ma boite d’antadys, de nurofen et de codéine. Parfois je mélangeais les trois. Oui ,oui j’étais totalement inconsciente du danger et des risques. Mais ma seule préoccupation était de faire disparaître ces douleurs.

Mes deux premières journées de cycle se résumaient donc à boire des médicaments, mettre ma bouillotte sur mon ventre, pleurer et m’endormir de fatigue. J’en voulais à la terre entière d’avoir autant mal « pour rien ». Pour moi, ce SPM c’était comme une injustice que je subissais à la vue de tous, sans que personne me vienne en aide. C’est comme ça que je le vivais dans mon corps et ma tête d’adolescente et de jeune femme. La seule chose qui m’apaisait, c’était ma mère. Elle me massait le bas du ventre avec de l’huile de nigelle ou d’olive et ses mains remplies d’amour. Elle me massait jusqu’à que je m’endorme.

Le déclic

SPM

J’ai toujours été un peu « méfiante » vis à vis des médicaments mais durant le SPM, je ne voyais aucune autre solution que celle d’en prendre 3-4 fois par jour pour avoir moins mal. Et puis, il y a eu ce premier jour de règle qui fut le plus douloureux pour moi mais aussi la cause de mon déclic. Le déclic qui m’a fait stopper cette manière irresponsable de soulager mes douleurs.

Ce jour là, je ne sais pas vraiment pourquoi, mes douleurs étaient beaucoup plus intenses que d’habitude (d’habitude c’est déjà très intense donc je vous laisse imaginer…). J’étais à bout, les médicaments que je prenais n’avait plus d’effet. Et puis, je n’avais rien pris de toute la journée en me disant que ça allait passer. J’ai donc cherché dans la boite à médicament de ma mère et j’ai trouvé une boite sur laquelle il y avait écrit que le médicament soulageait les fortes douleurs (en précisant les rages de dents).

J’ai donc pris un comprimé et peu après je me sentais comme dans un monde parallèle. Je voyais tout jaune, puis tout rouge, puis tout bleu. Et puis des vertiges, le cœur qui s’emballe, des sensations de perdre l’équilibre même assise. En décrivant mon état à ma mère, celle-ci m’apprend que mon frère, ayant pris ce médicament pour calmer sa rage de dent, avait ressenti les mêmes effets.

J’ai donc fait des recherches sur ce médicament. Je suis tombée sur une dizaine de témoignages qui racontaient avoir vécu les mêmes effets que moi suite à la prise de ce médicament. Sans réfléchir, je l’ai tout simplement jeté à la poubelle! Je regrette vraiment de ne pas avoir noté le nom, mais à cette époque, je ne pensais pas ouvrir un blog et raconter tout ça. A partir de ce jour, je n’ai plus pris de médicaments sauf quand j’avais des rendez-vous importants. Je me contentais d’une bouillotte (l’amour de ma vie) et de tisane à base de sauge (berk!).

Le début de la guérison: l’acceptation

Je crois que la première chose qui m’a aidé à mieux vivre cette période est le fait d’accepter le problème et de ne plus le voir comme tel. En 15 ans de SPM, ce n’est que depuis quelques mois que j’ai compris l’inutilité de chercher la solution miracle, que ce soit dans des médicaments classiques ou dans des tisanes. Du coup, je stresse moins avant l’arrivée des règles. Je me dis « bon ok, tu vas souffrir durant deux jours, mais c’est pas grave ma grande, ça va passer, ça passe toujours! ».

J’ai finis par « m’habituer » à ces douleurs physiques et psychologiques. En fait, j’ai finis par me dire que c’était une fatalité et que je devais m’y faire. Ma mère me disait souvent, « j’étais comme ça aussi, mais avec la pilule, tout s’est arrangé ». La pilule, c’est la seule solution que les médecins et gynécologues me proposaient. Je l’ai toujours refusé.

Je réalise que ma difficulté n’est pas tant les douleurs mais surtout ma relation avec les autres.  J’ai tellement peur d’être désagréable, nerveuse et m’emporter pour un rien. Et je m’en veux d’être comme ça. C’est d’autant plus difficile car je suis une personne très sociable et qui ris 80% du temps!

Je préfère m’isoler totalement durant les premiers jours. Je n’ai pas envie de me justifier et répondre aux questions et remarques: « tu es restée allongée toute la journée? », « pourquoi tu poses la bouillotte sur ton ventre? », « Tu n’es pas venu en cours hier, t’as séché? », « tu as encore fait un arrêt maladie? », « Mademoiselle, des règles douloureuses ne justifient pas un arrêt maladie, je vous prescrit la pilule? », « c’est de ta faute tu refuse de prendre la pilule! ». La pire remarque étant celles venant des mamans « tu te plains mais tu verras les douleurs de l’accouchement c’est mille fois pire! » C’est sidérant.

Mais je ne leur en veux absolument pas.

Cet article n’est pas la pour m’en prendre aux autres. Je ne leur reproche pas de ne pas comprendre. Je ne comprend pas moi même à vrai dire. Seulement, j’aimerai qu’on en parle et qu’on fasse preuve d’indulgence, de bienveillance et de compréhension. Pour beaucoup de femme, avoir ses règles n’est pas une banalité.

 

Syndrome prémenstruel: non ce n’est pas une fatalité!SPM

Auparavant, je cherchais à calmer les douleurs sans aller plus loin. J’avais une démarche allopathique (soigner les conséquences sans interroger la cause). Depuis que je suis étudiante en naturopathie, mon regard a beaucoup changé. Plus j’avance et plus je me dis que tout « dysfonctionnement » dans notre corps a forcément une cause. Je suis aujourd’hui convaincu que le SPM sévère dont je souffre a une cause et je suis déterminée à la connaître.  Avant de chercher une solution à un problème, il faut trouver la cause de celui-ci non?

A 26 ans je me suis enfin décidée à ne pas me laisser abattre et à chercher la source du problème. J’ai d’abord fait de nombreuses prises de sang et analyses (dosages hormonaux, échographies ect…). Puis naturellement, je me suis tournée vers la Naturopathie. Je viens tout juste de fixer rendez-vous pour une deuxième consultation avec une Naturopathe et je suis pleine d’espoir et d’enthousiasme. C’est fou mais le simple fait d’être écoutée et comprise me donne l’impression d’être plus forte.

Je vous ferai un retour dans quelques mois… 😉

En attendant, si vous aussi vous souffrez du SPM, je vous invite à lire cet article  » Le syndrome prémenstruel, une fatalité ? » N’hésitez surtout pas à consulter des spécialistes!

Fatima

 

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19 Comments

  • Reply Shâadiya

    On se sent moin seul bizarrement en te lisant lol, moi j’ai tjr eu très maaal avec des vomissements et quelque vertiges mais ça fait maintenant 1ans que j’ai des douleurs vraiment atroces, vertiges plus prononcé et une douleurs Olala je sais même pas comment la définir.. j’ai déjà consulté on ma dit que tous aller bien et que je n’avais rien et on me prescrivais des médoc (que je ne prend plus el hamdouliLah je suis retourné au naturel) mais j’avais jamais pensé au naturopathe tient Jr vais prendre rdv inshaAllah, Merci pour ce partage !

    9 septembre 2017 at 6 h 50 min
    • Reply Fatima

      Heureuse que mon article te fasse du bien 😉 Oui n’hésites pas à faire des tests médicaux plus approfondis et voir une naturopathe 😉

      13 septembre 2017 at 22 h 05 min
  • Reply Marina

    Salam ´alaykum 🌸

    Je te comprends tellement… Pareil, cela fait des années que je souffre de ça notamment les deux premiers jours, et étant pourtant dans une famille où la majorité est féminine je n’ai pas eu d’empathie au contraire. Comme ma soeur et ma mère n’avaient pas de telles douleurs, elles pensaient que j’abusais à ne rien faire et rester au lit toute la journée. Pareil les antidouleurs ont été dans ma vie pendant longtemps et encore ils me permettaient seulement de ne pas vomir à cause de la douleur et de pouvoir m’endormir. Encore aujourd’hui je dois dormir sur le canapé avec des appuis de chaque côté pour y déposer mes jambes repliées et me soulager le dos car celui-ci me fait atrocement souffrir pendant cette période 😰 Il existe un complexe d’huiles essentielles chez Pranarôm pour les spasmes ce sont les « oleocaps 5 ». Pour ma part j’ai compris tardivement que mes problèmes venaient avant tout de mon intestin dans la mesure où il se situe juste derrière l’utérus, et pareil on m’a soupçonné une endométriose mais je ne voulais plus faire de scanner et IRM. Je me souviens que tu avais des soucis d’intolérances alimentaires toi aussi donc à vérifier avec ta Naturo mais faudrait voir si ton intestin est encore malade et inflammé, ce qui aggrave les douleurs et les SPM 🙄 Merci pour cet article et belle journée à toi 💕

    3 septembre 2017 at 11 h 51 min
    • Reply Fatima

      Salam Marina! Merci pour ton commentaire et ton partage. C’est vrai qu’entre nous, les femmes, on manque cruellement de compassion! Merci beaucoup pour tes conseils et effectivement mon ostéopathe m’a orienté vers mes soucis liés à mon intestin irrité… Affaire à suivre avec la naturopathe 😉

      13 septembre 2017 at 22 h 03 min
  • Reply séverine

    coucou Fatima.
    J’ai souffert comme toi pendant des années de douleurs affreuses avant et pendant mes règles.
    A l’époque les médecins m’ont dit c’est normal d’avoir mal ….. ont m’a prescris la pilule , ça n’a pas diminué les douleurs mais ça m’a permis d’avoir un cycle régulier. Mais étant donné que je ne souhaitai pas prendre le pilule trop longtemps je l’ai arrêté au bout d’un moment.
    Les douleurs ont continuées. J’ai souffert pendant 10 ans et du jour au lendemain elles ont disparues.
    Ayant des difficultés pour tomber enceinte j’ai fais des tests et la on m’a décelé une endométriose sévère & profonde , trompe bouchées et de nombreux kystes d’endométriose.
    Les médecins n’explique pas le fait que je n’ai plus de douleurs ( sobhanallah alors que j’ai une endométriose et que je l’ai depuis très longtemps ce qui explique mes douleurs lors de ma jeunesse.
    Donc pendant 10 ans j’ai souffert et il aura fallu attendre 15 ans après pour mettre un nom sur mes douleurs .

    J’espère que tu trouveras une solution a tes douleurs incha Allah 🙂

    2 septembre 2017 at 21 h 53 min
    • Reply Fatima

      Coucou Séverine!
      Merci pour ton partage d’expérience. C’est assez surprenant que tes douleurs aient disparus! Je te souhaite plein de courage pour vivre avec cette Endométriose et j’espère que tu auras bientôt un peutit ange 😉

      13 septembre 2017 at 21 h 59 min
  • Reply Asma ah

    Selem aleikoum cest vrai sa fait du bien den parler pour ma part tout cest plus ou moins arranger quand je nai plus travailler je suis a la maison surtout pour cest deux premiers jour de fatigue de mal etre denvi de pleurer le stress diminue malgret qui faut gerer la maison les enfants je suis en stand bye je maccorde cette pause je ne fait pas expret hamdoulilah jai un mari compatissant

    2 septembre 2017 at 21 h 49 min
  • Reply Mlle Mandorle

    Coucou Fatima,
    Si tu savais comme je me reconnais dans ton article…
    J’ai mes règles depuis l’âge de 11 ans et j’ai toujours souffert pendant mon cycle. Déjà un an avant de les avoir, mais de 11 à 23 ans, je faisais des crises. Je me tordais de douleur les 2 premiers jours, en rejetant tout medicament sensé me soulager. On m’a fait des remarques, même mon médecin de famille ne comprenait pas mes douleurs ni mes vertiges. J’ai compris bien plus tard que j’étais aussi migraineuse. Ensuite, j’ai pris la pilule, ce qui a bien amplifié mes migraines mais calmé mes grosses crises. J’ai arrêté celle-ci il y a un an. Je vis toujours un SPM compliqué avec migraines, humeur changeante et irritable, mais de mon côté, le framboisier m’aide bcp. Pour le ventre certes, le reste ne change pas. Pendant 2 jours, je suis mal et ça passe. On n’en parle pas. Je me sentie seule et incomprise pendant des années. Je suis ravie qu’on en parle enfin et qu’il y ait des blogs comme Passion Menstrues pour faire tomber les tabous sur le sujet des règles. Merci beaucoup pour avoir eu le courage de partager cette partie si intime de ta vie! Vraiment, merci!

    30 août 2017 at 17 h 00 min
    • Reply Fatima

      Bonjour ! Merci pour ton message te le partage de ton expérience!Il faut continuer d’en parler! Je n’ai jamais essayé le framboiser, merci!

      13 septembre 2017 at 21 h 53 min
  • Reply Boucher

    Je suis surprise que tu ne parles pas d’endométriose avec de tels symptomes.

    As tu été dépisté par un expert ?

    30 août 2017 at 12 h 09 min
    • Reply Fatima

      Bonjour,

      Je n’en parle pas car je n’en souffre pas 😉

      13 septembre 2017 at 21 h 47 min
  • Reply Aurore

    Je suis surprise que tu ne parles pas d’endometriose. As tu fais les examens auprès d’un expert pour t’assurer que tu n’es pas atteinte ?

    30 août 2017 at 12 h 06 min
    • Reply Fatima

      Bonjour,

      Je n’en parle pas car je n’en souffre pas 😉

      13 septembre 2017 at 21 h 47 min
  • Reply Céline

    Salam

    Je ne sais pas ce que tu vis, quoiqu’etant ado je manquais les cours un jour par mois, mal au ventre à devoir rester allongée toute la journée. Puis c’est passé… Je n’ai plus jamais eu ça par la suite.
    Par contre, depuis qqs années, j’avais des symptômes de règles une semaine avant qu’elles ne débarquent, ce qui était très pénible ! Après avoir consulté une naturopathe, elle m’a dit que c’était un pb de progestérone. Petite cure, et hop plus aucun symptôme !!

    Bon courage !
    qu’Allah te guérisse

    30 août 2017 at 12 h 05 min
    • Reply Fatima

      Salam Céline, je suis heureuse que tu ai trouvé une solution contre le SPM! Merci pour ton partage 😉

      13 septembre 2017 at 21 h 46 min
  • Reply Marie-Gabrielle

    Coucou Fatima, je te remercie pour cet article plein de bienveillance. Comme toi, le SPM me mène la vie dure physiquement et psychologiquement. L’un et l’autre sont liés et les douleurs physiques ont clairement une incidence sur mon moral en début de cycle (un peu comme l’étiquette d’un tshirt, celle qui est désagréable et te rend irritable, mais dans le cas des règles, on parle d’irritabilité x1000). Cette douleur qui me donne parfois des vertiges et qui me paralyse. Mais ton article me donne envie de voir plus loin que la douleur, comme toi, je veux chercher la cause et accepter cette période. Comme tu le dis, c’est toujours temporaire et il faut relativiser. Je te souhaite beaucoup de courage, ainsi qu’à toutes tes lectrices qui se sentiront également concernées. Des bisous. Marie-Gabrielle

    30 août 2017 at 11 h 40 min
    • Reply Fatima

      Bonjour Marie Gabrielle! Merci pour ton message rempli de bienveillance :)Je crois que le pire c’est bien l’irritabilité et le morale… Je t’encourage à chercher la source du problème et de trouver la solution!

      13 septembre 2017 at 21 h 45 min
  • Reply Fad

    Hello,

    Merci pour ce partage, et sache que je te comprends totalement. Je fais plutôt partie de la barque qui souffre 24h, si je prends un antadys ça passe effectivement, mais avec l’âge j’ai décidé de dire stop à la prise de cette pilule bleue dont les conséquences pour le corps ne sont pas anodines. Il est clairement écrit sur la notice que c’est déconseillé pour les femmes qui souhaitent tomber enceintes, et ça bien-sûr aucun médecin va nous le préciser. Anti-inflammatoire puissant qui n’est pas sans conséquence pour le corps…
    Je t’encourage dans ta quête pour mieux comprendre ton corps et en espérant que ça ira un mieux pour toi, mais comme tu le dis si bien « l’acceptation » est déjà un bon pas en avant.

    Bises

    30 août 2017 at 10 h 28 min
    • Reply Fatima

      Bonjour Fad, oui effectivement la plus part des médecins ne précise pas les risques liés à ce médicament qui a été une réelle drogue pour moi… Merci pour tes encouragements 😉

      30 août 2017 at 11 h 02 min

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